Le Palais de la Bahia est un palais de la fin du XIXe siècle, au cœur de la médina de Marrakech, et l’histoire du Palais de la Bahia est brève et dramatique : bâti sur plusieurs décennies par deux grands vizirs pour être le plus beau palais de son temps, puis dépouillé presque du jour au lendemain à la mort de son puissant propriétaire, en 1900. Le parcourir aujourd’hui, c’est traverser cette ambition — et sa chute soudaine. Ce guide raconte qui l’a construit, comment il a été fait, à quoi servait chaque partie et que regarder lors de votre visite.
Youssef A. ✔ · Guide agréé à Marrakech · révisé en juin 2026 · 8 min de lecture
Le Palais de la Bahia a été commencé dans les années 1860 par Si Moussa, grand vizir du sultan, comme résidence. Son ampleur et sa renommée, toutefois, doivent tout à son fils, Ba Ahmed ben Moussa, devenu grand vizir à son tour, qui, dans les années 1890, l’agrandit pour en faire ce qu’il voulait être le plus beau palais de son époque. Il le nomma Bahia — de l’arabe « la brillante », « la belle ».
Ba Ahmed détenait un pouvoir considérable pendant la minorité du jeune sultan. À sa mort, en 1900, sa fortune et son palais furent saisis, et les pièces qu’il avait remplies furent vidées. La grandeur demeura ; la fortune de la famille, non.
« Un palais bâti pour survivre à son maître — et il l’a fait, depuis plus d’un siècle. »
La Bahia n’obéit à aucun plan d’ensemble. Elle a grandi pièce par pièce, jardin après jardin, au fil des décennies : d’où ses volumes étendus et le fait qu’aucun espace ne ressemble tout à fait à un autre — on n’y visite pas un plan, on y parcourt l’œuvre d’une vie. On la dit souvent étendue sur environ huit hectares avec quelque 150 pièces ; ces chiffres sont largement repris plutôt qu’officiellement établis — à prendre comme un ordre de grandeur, pas comme une donnée exacte.
Le vrai sujet, c’est l’artisanat. Quatre techniques le définissent :
une vaste cour pavée de marbre, cernée de galeries sculptées — le cœur cérémoniel du palais.
une cour-jardin intime, plantée d'orangers et rythmée de fontaines.
où Ba Ahmed recevait les dignitaires sous des plafonds de cèdre peint.
les appartements privés de la maisonnée du vizir.
La plupart des visiteurs gardent les yeux à hauteur du sol et passent à côté du meilleur de la Bahia. Levez la tête : les plafonds de cèdre peint sont le chef-d’œuvre, chaque pièce une palette différente. Observez comment le zellige change de couleur d’une cour à l’autre, et ressentez le contraste voulu entre la grandeur publique de la Grande Cour et l’intimité feutrée des appartements privés. C’est un bâtiment conçu pour vous faire passer d’une atmosphère à l’autre.
Il a été commencé dans les années 1860 par le grand vizir Si Moussa et largement agrandi dans les années 1890 par son fils, Ba Ahmed ben Moussa, qui le voulait comme le plus beau palais de son époque.
Sa construction s'est étalée des années 1860 à environ 1900, ce qui donne un palais vieux d'environ 125 à 160 ans — un bâtiment de la fin du XIXe siècle.
« Bahia » signifie « la brillante » ou « la belle » en arabe — le nom que Ba Ahmed a choisi pour son palais.
À la mort de Ba Ahmed en 1900, son palais et sa fortune furent saisis et les pièces vidées. Il abrita ensuite des fonctionnaires sous le protectorat français et est aujourd'hui un musée public.
Oui — c'est l'un des exemples les mieux conservés de l'artisanat de palais marocain de la fin du XIXe siècle, et une visite guidée révèle l'histoire du zellige, du cèdre et du stuc qu'une visite libre peut manquer.